Le châtaigner, un bois à tout faire

Taillis de chataigner

Le bois de châtaigner dispose d’un certain nombre de qualités à la fois physiques et mécaniques qui permettent de nombreux usages :

  • En structure dans la construction car il est à la fois assez léger et présente une bonne stabilité dimensionnelle et une résistance mécanique
  • En revêtement de sol en raison de sa dureté (c’est un bois mi-dur)
  • En usage extérieur (bardage, clôture, piquets, …) et ceci sans traitement grâce à sa durabilité naturelle et aux tanins qu’il contient.
  • En bois de chauffage même s’il faut l’utiliser en foyer fermé en raison des projections qu’il peut provoquer.

Pour ce qui est de l’usage en structure, il reste relativement limité en France principalement par manque de connaissance de ses qualités. Si l’on regarde ce qui se passe chez nos voisins comme l’Italie, le constat est très différent.

Pour ce qui est de ses usages extérieurs, le châtaignier est très efficace en bardage et en vêture ou il joue un double rôle de protection des bâtiments contre les intempéries (pluie, neige, vent…) et contre le rayonnement solaire.

Utilisé en bardage, le châtaignier réunit plusieurs avantages :

  • Essence locale naturellement durable, il peut être utilisé en revêtement extérieur sans traitement ni finition.
  • Le bois de châtaignier est un bois riche en tanins (substances polyphénoliques). Ces composés chimiques naturels, présents dans toute la masse du bois, lui confèrent sa durabilité. Leur lessivage ne se fait qu’à la surface du bois durant les premiers mois.
  • Considéré comme durable vis-à-vis des insectes à larves xylophages, le bois de châtaignier ne nécessite pas de traitement en raison des caractéristiques biologiques de son tanin.

Ce sont ces mêmes qualités qui permettent également de l’utiliser pour aménager des terrasses, cheminements, pontons… dans des jardins, parcs, piscines, …

Pour avoir une vision plus exhaustive de ces différents usages en structure ou aménagement extérieur, je vous invite à lire le Technoguide du châtaigner (http://www.le-chataignier.fr/pdf/technoguide_BDEF.pdf)

 

Le châtaigner le bois à piquet par excellence 

Quand il s’agit de faire des piquets, que cela soit pour clôturer un pré, un parc, pour servir de tuteur pour les vignes ou les vergers, pour l’ostréiculture…différents bois sont possibles ; certains résineux qui seront usinés, le robinier ou faux acacias qui à de nombreuses qualités d’imputrescibilité et de résistance aux insectes mais c’est le châtaigner qui demeure le bois par excellence pour ces usages.

Comme nous l’avons vu, le bois de châtaignier (classe durabilité IV) est naturellement protégé des parasites, par les caractéristiques biologiques de son tannin ce qui évite des traitements agressifs. Il est naturellement très résistant dans le temps, il est solide et de grosse section. On peut le rendre encore plus durable dans le temps en l’écorçant même si cela n’est pas indispensable.

Les piquets en bois de châtaignier peuvent donc présenter différents aspects et formes en fonction du mode de fabrication ou d’exploitation du poteau brut. Ils peuvent être écorcé où rester avec leur écorce. Demeurer ronds ou être sciés ou fendus en fonction là encore du type de clôture et des objectifs. Enfin vos piquets seront taillés en pointe selon vos besoins.

Le châtaigner présente également l’avantage d’être un arbre très droit ce qui permet de faire des piquets de grande longueur qui pourront être utile par exemple si vous faite une clôture de parc.

Pour ce qui est de la durée dans le temps de vos piquets, on parle souvent de 10 à 15 ans mais les exemples sont nombreux de piquets qui tiennent depuis beaucoup plus longtemps que cela.

 

Se chauffer avec du châtaigner.

Si les meilleures espèces pour le chauffage au bois sont sans conteste, le charme, le chêne ou encore le hêtre qui sont des bois durs ayant un très bon pouvoir calorifuge, le châtaignier peut également être utilisé en bois de chauffage même s’il brule un peu moins bien et s’il se consume plus vite que le hêtre ou le chêne.

C’est un bois semi dur, qui a un pouvoir calorifuge satisfaisant, qui produit de bonnes braises. Son principal inconvénient, comme pour l’acacias, c’est de projeter des escarbilles qui peuvent être dangereuses. Il est important de privilégier son usage en foyer fermé plutôt que dans une cheminée. On lui reproche également de moins bien brûler et de se consumer plus vite que le hêtre ou le chêne.

Enfin, bien séché et sous forme de plaquettes forestières, le châtaignier reste un bois très satisfaisant dans une chaufferie.

 

Ou trouve-t-on du châtaigner ?

A une époque ou les considérations écologiques sont de plus en plus importantes, le châtaigner est une espèce locale dans un grand nombre de région en France.

70 % de la surface de la châtaigneraie française se situe sur 6 régions au sud de la Loire (Aquitaine, Midi-Pyrénées, Rhône-Alpes, Limousin, Languedoc-Roussillon, Poitou-Charentes) et les 30 % restants occupent principalement le centre-ouest de la France sans oublier la châtaigneraie Corse bien entendu.

Cette présence assure un approvisionnement local aux transformateurs et utilisateurs de châtaignier.

Enfin, le châtaignier est une essence à croissance rapide, vigoureux dans son jeune âge et qui rivalise avec certaines essences résineuses en termes d’accroissement : 7 à 8 m3 /ha/an. Cette essence se développe particulièrement bien sur des sols acides avec une pluviométrie annuelle supérieure à 700 mm C’est un bois qui s’exploite entre 30 et 40 ans.

 

En synthèse, le châtaigner est une espèce aux usages multiples de l’ossature au bardage en passant par la fabrication de piquets et le chauffage même si ce n’est pas sa qualité première.

C’est par ailleurs une espèce à croissance assez rapide que l’on retrouve sur une partie importante du territoire ce qui en fait une espèce locale intéressante à bien des égards.

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