Quel bois utiliser pour se chauffer efficacement ?

Le chauffage au bois connait un succès certain auprès des français comme le confirme l’étude de l’ADEME qui prévoit que 9 millions de ménages auront opté pour ce mode chauffage en 2020 en progression continue depuis de nombreuses années.

Même si certains sont réticents à ce que l’on coupe des arbres, la plupart sont sensibles à la qualité de ce mode de chauffage, a son cout et à la dimension renouvelable de ce type d’énergie (à la différence des énergies fossiles). Pour ce qui est de l’exploitation des arbres, il est important en revanche de s’assurer que les forets dont proviennent votre bois sont gérées durablement et sont certifiées par exemple PEFC.

Une fois que l’on a fait ce constat, quel bois utiliser pour que votre système de chauffage soit efficace.

Plusieurs éléments sont à prendre en ligne de compte. L’espèce tout d’abord dont la dureté aura un impact important sur l’efficacité calorifique. Le second point essentiel est le degré d’humidité de votre bois qui sera lui aussi essentiel.

 

Quelle espèce de bois choisir ?

La norme NF classe le bois énergie en trois groupes en fonction de la quantité de chaleur fournie à volume égal.

  • Le groupe 1 qui comprend le charme, le chêne, l’érable, le hêtre, le frêne et l’orme. Ces bois durs ont un pouvoir calorifique élevé du fait de leur densité qui se traduit par une combustion très lente.
  • Le groupe 2 comprend le châtaignier, le faux acacia et les arbres fruitiers comme le noyer et le merisier. Ils ont un pouvoir calorifique moyen même s’ils se consument relativement lentement. Ils peuvent être utilisés en complément des bois du groupe 1.
  • Le groupe 3 est composé des autres essences feuillues : aulne, bouleau, peuplier, saule, tilleul, platane, etc… qui sont des bois tendres ayant une combustion rapide et un pouvoir calorifique faible mais qui peuvent être utile quand on veut démarrer un feu rapidement.

Certains bois sont en revanche à éviter :

Les bois qui éclatent : le châtaignier, le robinier ou encore le platane et également certains résineux ont tendance à éclater et à projeter des braises. Ces bois doivent être utilisés en foyer fermé.

Les bois qui encrassent : certains bois génèrent des résines et des goudrons qui vont encrasser vos dispositifs. C’est le cas en particulier des résineux et de manière plus générale de tout bois humide.

Les bois traités qui peuvent dégager des vapeurs toxiques.

 

Quel degré d’humidité

Le degré d’humidité de votre bois est un élément extrêmement important.

Un bois humide a de moins bonnes qualités thermiques et il dégage plus de fumée et de goudrons qui vont venir encrasser vos installations.

A titre d’exemple, on considère qu’un bois feuillu contenant 40 % d’humidité dégagera environ moitié moins d’énergie que le même bois entièrement sec.

Comme pour les espèce, l’humidité est elle aussi classée en groupes par la norme NF de l’ADEME. Les bois H1 contiennent moins de 20 % d’humidité, les bois H2 entre 20 et 35 % et les bois H3 plus de 35 %.

Comme ces taux d’humidité se traduisent ils en termes de temps de séchage ?

  • Quand il est coupé, le bois vert a un taux de 40 à 50 % d’humidité ;
  • Entre 6 et 18 mois de séchage, le bois sera « demi sec » avec un taux d’humidité de 30 à 40 % ;
  • Entre 18 mois et 3 ans, on obtient un bois sec avec un taux d’humidité entre 15 et 25 %.

C’est bien ce bois sec (H1) qu’il est recommandé d’utiliser.

Vous noterez que les fourchettes de temps de séchage que l’on a indiqué sont large. En effet le temps de séchage va varier en fonction de l’espèce ; Les bois « durs » (chêne, hêtre, charme, orme) sont plus longs à sécher que les « tendres » (bouleau, peuplier, tilleul) mais également des conditions de stockage.

Pour obtenir un bon séchage :

  • Il faut stocker le bois dans un endroit ventilé, couvrir le dessus du bois, mais laisser le côté ouvert ;
  • Un bois en 50 cm sèche plus vite qu’en 1 m ;
  • Un bois fendu sèche plus vite qu’un bois en rondin.

 

Enfin, pour vous assurer quand vous l’achetez que votre bois est sec, il y a quelques astuces :

  • Il est plus léger et peut être un peu fendu,
  • Il produit un bruit sec quand on tape 2 buches l’une contre l’autre,
  • Son écorce se détache facilement,
  • il présente des craquelures du centre vers le bord.

Enfin vous pouvez vous servir de testeurs d’humidité qui donne une indication même s’ils ne permettent pas de mesurer l’humidité à cœur.

 

Vous l’avez compris, quand vous achetez votre bois de chauffage pour l’hiver assurez-vous du choix de l’espèce et de son degré d’humidité. Ces 2 critères sont essentiels pour l’efficacité de votre dispositif.

Soyez vigilant également à ne pas attendre le dernier moment pour faire venir votre bois. Dernier conseil, préférez un bois produit localement. Ce sera une bonne façon de contribuer au respect de l’environnement.

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